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Corridor 13 : renforcer les droits fonciers des peuples autochtones avant les grands travaux
Un projet stratégique aux enjeux fonciers majeurs
Le Projet Corridor 13, qui prévoit la construction d’un axe routier reliant Ouesso à Pokola via le futur pont sur la rivière Sangha, représente une infrastructure stratégique pour le développement économique du nord du Congo-Brazzaville.
Cependant, la mise en œuvre de ce projet soulève d’importants enjeux liés à la protection des terres coutumières et aux droits fonciers des peuples autochtones vivant dans les zones concernées.
Face à ces défis, les acteurs de la gouvernance foncière plaident pour une meilleure prise en compte des intérêts des communautés locales avant le démarrage des grands travaux.
Les communautés Baka expriment leurs préoccupations
Dans les villages de Péké et Mbalouma, situés dans le district de Mokéko, une mission de terrain a permis de recueillir les préoccupations des communautés autochtones Baka concernant l’avenir de leurs territoires ancestraux.
Les consultations publiques organisées avec les habitants ont mis en évidence plusieurs difficultés persistantes, notamment l’insécurité foncière, la vente progressive de certaines terres à faible valeur, la vulnérabilité économique des ménages ainsi que les conflits liés à l’occupation des espaces coutumiers.
Les participants ont également exprimé leurs inquiétudes quant à la réduction potentielle de l’accès aux ressources naturelles indispensables à leurs activités de subsistance.
Sécuriser les terres coutumières avant les infrastructure
Afin de répondre à ces préoccupations, les acteurs engagés dans le projet « Baka Batéla Mabélé » expérimentent une approche innovante fondée sur la participation communautaire et la sécurisation foncière.
Cette démarche repose notamment sur l’identification des espaces coutumiers, la cartographie participative des territoires et la documentation des droits fonciers des populations autochtones.
L’objectif est de disposer d’informations fiables permettant de mieux protéger les communautés face aux risques d’expropriation, de conflits fonciers ou de perte d’accès aux ressources naturelle
Le consentement libre, préalable et éclairé au cœur du processus
L’un des principes fondamentaux de cette initiative consiste à garantir le respect du consentement libre, préalable et éclairé des populations concernées.
Les communautés doivent être pleinement informées des impacts potentiels des projets de développement, consultées de manière transparente et associées aux décisions susceptibles d’affecter leurs terres et leurs moyens de subsistance.
Cette approche favorise une meilleure prise en compte des réalités locales tout en renforçant la confiance entre les communautés, les autorités publiques et les promoteurs des projets d’infrastructures.
Promouvoir une gouvernance foncière inclusive
Au-delà de la question foncière, cette initiative contribue à la promotion d’une gouvernance plus inclusive et participative des territoires.
Elle vise à prévenir les tensions sociales, à renforcer la protection des droits humains et à encourager un développement économique respectueux des intérêts des populations locales.
Dans un contexte marqué par l’expansion des infrastructures et des investissements, la reconnaissance des droits fonciers des peuples autochtones apparaît comme une condition essentielle pour assurer un développement durable et équitable.
Un enjeu majeur pour l’avenir de la Sangha
L’expérience menée dans les villages de Péké et Mbalouma démontre l’importance d’anticiper les impacts sociaux et fonciers des grands projets avant leur réalisation.
En renforçant la sécurisation des terres coutumières et la participation des communautés autochtones aux processus décisionnels, le Projet Corridor 13 peut devenir un exemple de développement conciliant croissance économique, inclusion sociale et respect des droits fonciers au Congo-Brazzaville.
